Face à l’inflation qui frappe aussi bien les consoles que leurs accessoires, l’idée d’« upgrader » plutôt que de racheter séduit. C’est précisément la promesse du VoidJoy GA-10 Elite Extender de JSAUX : greffer boutons arrière, macros, turbo, batterie additionnelle et même gâchettes analogiques à un vénérable Switch Pro Controller. Sur le papier, le kit ressemble à un raccourci malin vers le confort des manettes premium. Dans la pratique, l’accessoire se heurte à une limite rédhibitoire sur Switch et laisse un goût de demi-mesure.
Un add-on plein d’idées… et de compromis
Vendu 39,99 $ hors frais de port et non commercialisé dans l’Union européenne (en raison de la nouvelle réglementation sur les batteries remplaçables par l’utilisateur, selon le test), le GA-10 se fixe au port USB-C du Pro Controller, coiffe le haut et le dos de la manette, et ajoute au passage une batterie de 1800 mAh. Le Switch l’identifie comme une manette distincte et l’on peut recharger le Pro tout en jouant, un point pratique pour les longues sessions.
Le module s’accompagne d’une application KeyLinker pour Windows, iOS, Android et Raspberry Pi, permettant de remapper, calibrer sticks et zones mortes, créer des macros (jusqu’à 42 étapes), activer le turbo, gérer la sensibilité et changer la couleur des LED arrière. L’accessoire fonctionne également sur PC via X-Input et annonce un réveil Switch 2, qui n’a toutefois pas fonctionné dans le test avec la mise à jour 1.12.
Boutons arrière utiles, mais pas ergonomiques
Deux palettes au dos, P1 et P2, font le job. Elles sont programmables et, dans l’exemple retenu sur The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom, le testeur y a mappé la course pour faciliter les enchaînements course-saut. Efficaces, elles n’en restent pas moins cliquetantes et assez proéminentes, demandant des doigts relativement longs pour une prise confortable. Par comparaison, les GR/GL de la manette Switch 2 Pro sont jugés plus élégants.
Les gâchettes analogiques, promesse manquée sur Switch
Le talon d’Achille du GA-10 tient à ses fines gâchettes métalliques aimantées, pourtant séduisantes sur le papier avec un échantillonnage en 1280 paliers. Réversibles et détachables par simple aimantation — une coquetterie de design plus mignonne qu’utile, la place gagnée étant négligeable — elles promettent finesse d’accélération et de freinage, atout souvent attendu pour les jeux de course.
Problème : la poignée d’expériences Switch compatibles avec de l’analogique ne reconnaît pas ces entrées. Là où la manette GameCube officielle pour le service NSO gère la pression analogique (exemple donné : le débit de FLUDD dans Super Mario Sunshine) et où quelques titres Switch l’exploitent, le GA-10 reste lettre morte. Impossible, donc, d’espérer doser l’accélération dans GRID Autosport ou peaufiner une gâchette dans Trials Rising via l’Extender.
Sur PC en revanche, basculé en X-Input, le test rapporte un fonctionnement « magnifique » des gâchettes analogiques dans GRID sur Steam. Mais à ce stade, l’intérêt devient ténu : un joueur PC possède sans doute déjà une manette plus confortable et mieux intégrée qu’un Pro Controller de neuf ans affublé d’un carénage additionnel.
Prise en main, poids et petits boutons
La fixation inspire confiance malgré un petit jour visible en haut : aucune déconnexion intempestive n’a été observée. Le module ajoute 68 g à l’ensemble, ce qui alourdit la manette sans la rendre difforme. Quelques boutons sur le dessus servent à changer de mode et programmer les macros, mais leur petite taille n’est pas tendre avec les grosses mains. Un orifice laisse passer la pression vers le bouton de synchronisation d’origine du Pro, utile si l’on veut jouer « en passthrough » sans retirer l’accessoire.
Un bon bricoleur qui ne remplace pas une vraie manette moderne
Au global, le GA-10 aligne beaucoup de fonctionnalités attendues — turbo, macros, remappage, compatibilités multiples — et coche la case « boutons arrière » à moindre frais. Toutefois, sa proposition ressemble davantage à une rustine haut perchée qu’à une mise à niveau cohérente. Les limites ergonomiques des palettes, l’échec du réveil Switch 2 lors du test, et surtout l’incompatibilité des gâchettes analogiques avec les jeux Switch sabrent l’argument phare de l’accessoire.
À 40 $, on se demande à qui s’adresse exactement ce kit. À ceux qui tiennent absolument à leur vieux Pro Controller et veulent y greffer des palettes, peut-être. Mais pour tous les autres, l’argent serait sans doute mieux investi dans une manette pensée dès l’origine pour ces usages. Le test évoque deux options plus pertinentes selon les besoins : la manette GameCube NSO pour bénéficier de vraies gâchettes analogiques côté Nintendo, ou une manette Switch 2 dédiée, plus ergonomique et complète.
Verdict Retro Raiders
Le VoidJoy GA-10 Elite Extender n’est pas un mauvais accessoire. Il est solide, polyvalent côté logiciels, et peut rendre service pour du remappage et des macros. Mais en cherchant à tout faire, il oublie l’essentiel pour le public Switch : sans prise en charge effective de ses gâchettes analogiques dans les jeux de la console, sa plus-value s’évapore. À moins d’un usage PC assumé avec un attachement sentimental à la manette Pro, mieux vaut économiser pour une solution native plus confortable et réellement adaptée aux attentes modernes.
Les informations essentielles
- Plateformes
- Nintendo Switch, Windows, iOS, Android, Raspberry Pi, PC
