Jouer à Halo: Combat Evolved directement dans un navigateur, sans installation et avec multijoueur fonctionnel ? C’est désormais possible grâce à un projet technique audacieux — et potentiellement litigieux — partagé par le développeur Mitchell Hynes. En quelques clics, la campagne se lance, clavier-souris pris en charge, et les parties en ligne s’ouvrent même à des affrontements massifs.
Propulsé par une décompilation menée de longue date par Bnunu et enrichi via un fork de l’équipe Cybersecurity, ce port web s’appuie sur un socle rétro‑ingénieré qui fonctionne déjà sur Windows, Linux et Android. Le résultat : une version jouable depuis le navigateur, dotée d’un multijoueur théoriquement capable d’accueillir jusqu’à 128 participants, et même d’un mode coop en écran scindé, d’après la présentation relayée sur X.
Un lancement fulgurant… malgré un faux pas technique
Au moment de son annonce sur X par Hynes, le site a subi un afflux tel qu’il a brièvement été mis hors ligne, automatiquement signalé comme « phishing » avant d’être rétabli. En cinq heures seulement, le projet a enregistré près de 20 000 parties dans 115 pays, selon le développeur — un indicateur clair de l’attrait autour d’une icône du FPS accessible instantanément via le web.
L’initiative n’est pas restée cantonnée aux réseaux sociaux : la communauté Halo sur Reddit s’en est emparée, organisant des salons pour croiser le Needler et rejouer les cartes cultes. Un utilisateur raconte avoir enchaîné « quelques bons kills » au trackpad avant de retourner travailler, saluant surtout la simplicité d’accès.
Jouable en quelques secondes, avec des limites compréhensibles
Sur le plan pratique, l’expérience est étonnamment fluide une fois le chargement initial passé — des temps d’attente qui varient selon la connexion, estime l’auteur qui a pu tester la version web. Côté audio, rien à signaler selon ce témoignage : ça sonne juste, et le gameplay répond correctement au clavier-souris.
Le multijoueur, lui, s’organise en pair à pair et repose sur des liens de salon à partager. Pas de matchmaking intégré pour l’instant : on crée une « room », on envoie l’URL, et on compte sur l’hôte pour une connexion solide. La promesse de 128 joueurs reste « non testée » dans le message de présentation, un détail important rappelant le caractère expérimental de l’ensemble.
Un exploit technique né de la décompilation
Le cœur du projet remonte aux travaux de décompilation de Bnunu, qui ont progressivement remis à plat le fonctionnement du jeu. La branche Cybersecurity, mentionnée par Hynes, a de son côté poussé les fonctionnalités multijoueur à une échelle inhabituelle pour un titre de 2001, tout en assurant une compatibilité multi‑systèmes (Windows, Linux, Android) avant l’étape finale : l’exécution directement dans le navigateur.
Dans le message relayé sur X, plusieurs points clés sont mis en avant : le coop en écran scindé fonctionne, le multijoueur grande capacité est présent mais pas validé en conditions réelles, et cette version n’inclut pas le « Gearbox Master Chief » — un clin d’œil à la déclinaison PC d’époque, signée Gearbox, et à ses particularités visuelles.
Un plaisir éphémère ?
Reste une zone grise évidente : l’accès gratuit à un classique de Microsoft, pile au moment où l’éditeur vient de lancer Halo: Campaign Evolved le mois dernier. L’auteur qui a pu l’essayer s’en amuse à demi-mot : difficile d’imaginer Microsoft se réjouir de voir des joueurs sauter dans Halo « en un instant » sans passer à la caisse. Autrement dit, l’initiative est « fun tant que ça dure », mais sa longévité dépendra de l’attitude du détenteur des droits.
En attendant une éventuelle réaction officielle, la prouesse technique et l’engouement communautaire parlent d’eux‑mêmes. Entre un accès quasi immédiat, une prise en main familière et des salons qui s’ouvrent au fil des liens partagés, ce Halo de navigateur rappelle à quel point l’inventivité de la scène rétro‑ingénierie continue de repousser les limites… quitte à flirter avec elles.
Les informations essentielles
- Plateformes
- Windows, Linux, Android
- Développeur
- Mitchell Hynes
