À l’occasion des promotions d’automne de Steam, la rédaction de PC Gamer a réuni une poignée de « coups de cœur de malades du genre » — leurs mots — pour pointer 11 jeux qui n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. L’idée n’est pas de reparler des têtes d’affiche déjà bradées, mais de dénicher ces titres au rabais qui brillent par leurs idées, leur écriture ou leur audace, malgré une visibilité limitée. Entre RPG lettrés, FPS juteux, cozy games à l’ambiance inquiétante et tactiques au caractère bien trempé, le panier est éclectique et souvent très bien soldé.
RPG et romans visuels: quand « il faut lire » devient un atout
Dans le registre des jeux à texte, un nom revient avec insistance côté PC Gamer: Skald: Against the Black Priory (6,74 $, -55 %). Le site s’emballe pour ce RPG qui fait scintiller la nostalgie DOS (Gold Box, Ultima) sans s’y enfermer, avec une modernité de design plus proche des années 90 avancées. La vraie claque, selon eux, c’est l’écriture: une horreur cosmique ciselée, servie par une prose capable de marquer durablement. Le jeu de High North Studios serait de ceux qui transforment un hommage rétro en expérience de 2020s pleinement vivante.
Autre recommandation littéraire, To Be or Not To Be (2 $, -60 %), relecture interactive de Hamlet signée Ryan North (Dinosaur Comics). L’astuce? On n’est pas condamné à incarner le prince mélancolique: Ophelia ou même le spectre du père d’Hamlet sont jouables, avec un habillage visuel confié à des figures du webcomic (dont les créateurs d’Axe Cop, Penny Arcade ou Hark! A Vagrant). Une comédie de bifurcations où Shakespeare déraille pour le meilleur.
PC Gamer insiste aussi sur Schrödinger’s Call (14 $, -20 %), roman visuel de dix heures où l’on répond, au cœur d’une fin du monde, aux appels de naufragés émotionnels incapables de lâcher prise. Le média vante une expérience à jouer après minuit, propice à « rôler » un personnage sombre rongé par le manque et le regret — une confession qui souligne à quel point l’écriture et la mise en scène peuvent cueillir.
Enfin, pour qui estime que le meilleur Vampire: The Masquerade reste Bloodlines (et PC Gamer ne contredit pas), Shadows of New York s’impose comme une autre réussite. Cette nouvelle visuelle capterait avec précision l’atmosphère du Monde des Ténèbres, au point d’avoir contribué — dixit l’un des auteurs — à le faire écrire sur le jeu vidéo. À ce prix « chips », l’occasion est idéale de redécouvrir la licence par le prisme du texte.
Des shooters sous-estimés: janky, nerveux, irrésistibles
Necromunda: Hired Gun a trébuché au lancement. Mais un an plus tard, PC Gamer y a trouvé un FPS autrement plus recommandable: rapide, sanglant, violemment satisfaisant, assez « janky » pour avoir du chien sans se briser. Le cadre Warhammer 40,000 y est jugé juste ce qu’il faut — pas besoin de connaître le sous-commandant de la 2e compagnie des Star Eaters pour être dans le bain —, tandis que les cartes vastes, l’arsenal qui claque, les ennemis qui éclatent avec panache et la présence d’un chien compagnon composent un cocktail jubilatoire. La comparaison qui frappe: l’auteur dit s’y être davantage amusé que sur Doom Eternal. À 6 $ (-85 %), difficile d’ignorer l’appel.
Autre pépite à petit prix, Wild Bastards (5,24 $, -85 %), western spatial roguelite en vue FPS. Même un rédacteur peu friand de roguelites affirme que le format fonctionne à merveille ici, grâce à des duels expéditifs, une galerie de cow-boys aux capacités tranchées et une tension qui grimpe run après run. Surprenant, au regard de ses deux années d’existence et de ses 620 évaluations Steam seulement. Bonus: il s’illustre particulièrement bien sur Steam Deck.
Coin chill qui fait froid dans le dos
Octobre, la saison où l’on troque l’iced latte pour le mug brûlant, et où le cozy tire vers l’étrange. Dans ce créneau, PC Gamer propose Beacon Pines (6 $) — un conte inquiétant façon « petite ville, grandes disparitions ». Sa mécanique de livre dont vous complétez les vignettes façon Mad Libs ne viserait pas la difficulté, mais l’éclat de rire inattendu. En six heures environ, on obtient un récit bizarre et spooky qui ne bascule jamais dans le sordide. Un en-cas parfait pour la saison.
Plus gestion que lecture, Tavern Keeper (20,99 $, -30 %) profite d’une mise à jour majeure tout juste déployée: on peut désormais creuser des caves sous sa taverne, embaucher des forgerons et affiner l’attribution des tâches. Malgré son accès anticipé, PC Gamer parle d’un simulateur captivant, dense en systèmes et doté d’outils de conception brillants. L’argument n’est pas le rabais seul: c’est le moment d’ouvrir boutique, parce que le bac à sable devient plus profond.
Pour les stratèges: jank assumé, factions baroques et détournements aériens
Dans la stratégie, le spectre est large. The Great Villainess: Strategy of Lily fait d’abord sourire par son credo: « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. » Ici, un dirigeable de streaming peut, littéralement, retourner une bataille: discours galvanisant diffusé en survol pour figer une base, ou « Betrayal Stream » pour rallier des unités adverses. En contrebas, le drame politique s’embrase: l’empereur est mort, Scarlet est accusée et se fiche de laver son honneur. À vous de la laisser tout ravager… ou d’unifier le continent sous sa bannière cramoisie. PC Gamer glisse un autre détail qui en dit long sur la tonalité: la bonne fin passerait par un grand mariage lesbien.
Quand on parle Warhammer, l’offre déborde — mais PC Gamer juge Mordheim: City of the Damned (2 $, -90 %) « criminellement » ignoré. Ce tactics au tour par tour envoie une bande personnalisable dans la cité la plus maudite du Vieux Monde pour grappiller une wyrdstone aussi précieuse que corruptrice. Clunky, rugueux, doté d’une courbe d’apprentissage raide (un guide de leveling est même recommandé), il récompense pourtant avec un système de combat et de progression « croustillant », et ce sentiment rare de forger une escouade cabossée par la campagne. Leur madeleine: un assassin skaven manchot menant sa troupe de rats en haillons.
Enfin, la promo qui surprend: Endless Legend 2 (24,99 $, -50 %), récemment sorti d’accès anticipé et déjà à son plus bas prix. Amplitude remet le couvert 4X avec des factions excentriques — terraformeurs obsédés par le sable, spectres vampires sous armure —, mais surtout une manière d’étirer la phase d’exploration, souvent la préférée des amateurs du genre. En repoussant l’océan pour dévoiler, tout au long de la partie, de nouvelles terres à arpenter et exploiter, le studio renouvelle le tempo d’une campagne.
Pourquoi ces conseils comptent
Au-delà des remises, l’intérêt de cette sélection tient à la façon dont PC Gamer contextualise chaque recommandation: reconnaître le jank quand il sert la personnalité d’un FPS, souligner une écriture qui dépasse le clin d’œil rétro, ou mettre en avant une update qui change immédiatement le plaisir d’un city-builder de taverne. Entre opinions franches — Hired Gun préféré à Doom Eternal, un roman visuel vampirique porté aux nues — et détails concrets — prix, pourcentages, durée, nouveautés de patch —, le lot compose un itinéraire bis crédible pour qui veut profiter des soldes autrement que via les incontournables.
Et si l’on cherchait une ligne rouge? Ces « underappreciated » sont des jeux à angle fort: une prose qui happe, une proposition systémique singulière, ou la promesse d’un monde à apprivoiser malgré ses échardes. En période de soldes, c’est souvent là que se nichent les meilleures surprises.
Les informations essentielles
- Plateformes
- PC
- Genre
- RPG, visual novel, shooter, cosy, gestion, stratégie, 4X, tactique au tour par tour
