Les concerts de musique de jeux vidéo se multiplient au Royaume-Uni, au point de donner des envies de setlists idéales. Dans une tribune publiée par PC Gamer, la rédactrice Mollie reflète cette effervescence grandissante en dressant le portrait de son “concert rêvé” — un mélange assumé d’orchestre symphonique, de nostalgie Rare et de virage clubbing en fin de soirée. Un prétexte parfait pour ausculter une scène live qui s’étoffe à vue d’œil, portée par des licences cultes et une communauté prête à voyager… sauf quand tout se passe à Londres.
Une vague de concerts, de Final Fantasy à Stardew Valley
Selon Mollie, ces dernières années ont vu un véritable bond en avant des concerts dédiés aux musiques de jeux, “au moins sur le sol britannique”. Elle cite pêle-mêle Undertale, The Legend of Zelda, Stardew Valley, The Witcher 3, Sonic, Metaphor: ReFantazio et, évidemment, Final Fantasy. Autant de franchises dont les partitions ont gagné la scène, souvent sous la forme de concerts orchestraux qui alignent thèmes iconiques et arrangements grand format.
Le constat est “réconfortant”, écrit-elle, même s’il s’accompagne d’un bémol logistique et affectif: beaucoup d’événements se tiennent à Londres, trop loin pour un aller-retour léger et, surtout, trop “Londres” pour y mettre les pieds plus de deux fois par an, plaisante-t-elle. Derrière la boutade, une vraie dynamique: l’offre augmente, mais reste polarisée autour des grandes capitales.
Son programme idéal: Square Enix en tête d’affiche
Quand elle imagine sa soirée parfaite, Mollie embrasse sans hésiter l’école Distant Worlds, ces rendez-vous qui revisitent les OST de Square Enix à l’orchestre. Elle déroulerait un menu centré sur Final Fantasy X, XII et XIV, “avec une petite touche de XIII en accompagnement”. Une hiérarchie révélatrice: FFX pour ses mélodies immédiatement identifiables, FFXII pour ses couleurs symphoniques plus amples, FFXIV pour la richesse intarissable de son répertoire scénique — un tronc commun idéal pour une première partie qui joue la carte du grand spectacle et de la reconnaissance instantanée.
Dans la foulée, elle glisserait des morceaux de Kingdom Hearts. Entendus en live, ces thèmes mêlant lyrisme et éclats pop seraient, selon elle, parfaitement servis par un orchestre. L’idée: capitaliser sur les pics d’émotion de ces sagas où la musique agit comme liant narratif autant que comme signal nostalgique.
Le détour par l’enfance: Kameo mérite sa salle symphonique
Mollie opère ensuite un virage assumé vers les souvenirs. Vingt ans après sa découverte, elle se dit toujours “obsédée” par la bande-son de Kameo: Elements of Power, jeu signé Rare sur la génération Xbox 360. À ses yeux, ces compositions “méritent pleinement un traitement orchestral”, preuve qu’au-delà des locomotives commerciales, une part du répertoire early 2000s peut retrouver un second souffle en salle.
Ce choix en dit long sur l’élasticité du format: un concert de musique de jeux peut aussi être une opération de redécouverte, voire de réhabilitation, de bandes-son moins exposées mais taillées pour la scène.
Un final qui bouscule: le DJ set Tekken comme after
Pour conclure, la rédactrice rêve d’un DJ set composé de remixes tirés des classiques de Tekken. Un enchaînement qu’elle reconnaît comme un “grand écart tonal”, mais qu’elle revendique: c’est précisément le luxe d’un concert rêvé. Sur le papier, ce finish transforme l’expérience en soirée complète, où la virtuosité orchestrale laisse place à l’énergie clubbing — un pont cohérent avec les racines électroniques et breakbeat de nombreuses OST de jeux de baston.
Quand le concert devient conversation
Au-delà de la programmation fantasmée, l’autrice ouvre le débat et invite chacun à définir sa propre “mégamix” idéale, ou à citer le spectacle existant qu’on attend de voir se rapprocher de chez soi. La démarche est participative: recenser les désirs de setlists, cartographier les envies de villes, et, en creux, pousser la scène à sortir des métropoles où elle se concentre encore.
Ce texte est aussi teinté d’un autoportrait léger: Mollie rappelle un parcours façonné par Killer Instinct, Toontown et Audition Online, une passion actuelle pour Final Fantasy XIV — “où elle cause des bêtises” —, un goût prononcé pour les jeux de rythme, une ambition modeste en versus fighting et une propension à dépenser trop à l’arcade locale. Autant de marqueurs qui éclairent ses choix musicaux: du JRPG à l’électro de ring, du symphonique à la piste de danse.
Pourquoi ça compte
Ce foisonnement de concerts signale une maturation: les musiques de jeux ne sont plus seulement l’affaire des OST collectors et des playlists YouTube, mais d’une culture live à part entière. La proposition de Mollie illustre comment ces rendez-vous peuvent jouer sur plusieurs tableaux — prestige orchestral, madeleines de Proust, et clôture club — sans renier leur identité.
Reste une question logistique soulevée en filigrane: si la demande est bien là, comment la faire exister au-delà de Londres et des grands centres? La réponse passera peut-être par ces programmations hybrides capables de fédérer plusieurs générations de joueuses et joueurs en une seule soirée. En attendant, la balle est aussi dans le camp du public: à chacun d’imaginer sa propre affiche et de la réclamer haut et fort.
