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Pimax revient sur le devant de la scène VR avec un paquet d’annonces qui lorgnent clairement du côté de Valve : un casque entièrement sans fil, un mode de streaming fovéal « natif », de nouveaux contrôleurs sans anneau et même un PC de jeu tout en longueur façon Steam Machine. Au cœur de cette salve, le Crystal Pro, pensé pour couper le cordon sans sacrifier la qualité d’image, et une option de liaison 60 GHz qui promet une bande passante hors normes pour la réalité virtuelle domestique.
Crystal Pro : un casque vraiment sans fil avec une option 60 GHz taillée pour la VR
Le Crystal Pro se présente comme un modèle 100 % sans fil. Dans la boîte, Pimax fournit un adaptateur Wi‑Fi 6E – à l’image de ce que propose Valve avec son Steam Frame – pour relier le casque à un PC de jeu à proximité. Mais la marque va plus loin avec un kit AirLink optionnel en 60 GHz (2×2 MIMO), pensé pour augmenter la robustesse et surtout la bande passante de la liaison.
Dans une vidéo de lancement, Jaap Grolleman résume l’ambition : et si l’on pouvait couper le câble tout en envoyant l’image sans compression visuelle perceptible ? Pour tenir cette promesse, AirLink 60G s’appuie sur deux antennes additionnelles dans la pièce et deux antennes supplémentaires à l’arrière de la sangle du casque, pour atteindre jusqu’à 6 Gbit/s agrégés (3 Gbit/s par lien). La synchronisation des flux est assurée par le SoC Qualcomm Snapdragon XR2 embarqué. Pimax avance une latence nettement inférieure à celle d’un streaming Wi‑Fi standard, comprise entre 1,8 ms et 12 ms selon sa présentation.
Streaming fovéal « natif » : la netteté là où se pose le regard
Dans la lignée de Valve, Pimax intègre ce qu’il appelle le Native Foveated Streaming. Le principe : n’envoyer en haute définition que la zone précise où l’utilisateur regarde, tout en réduisant la résolution en périphérie. La différence mise en avant par Pimax tient à l’usage systématique du « natif » sur la zone de focalisation : l’image y est transmise à la résolution d’origine, directement depuis le frame buffer, tandis que les bords s’adoucissent graduellement.
Ce fonctionnement s’appuie sur un eye‑tracking Omnivision 120 Hz. L’auteur de la présentation originale rappelle que, dans le cas du Steam Frame, cette approche de streaming fovéal s’était montrée efficace et imperceptible en pratique, à la différence du rendu fovéal côté moteur. Pimax cherche manifestement à reproduire – voire dépasser – ce résultat en conjuguant suivi oculaire rapide et large bande passante 60 GHz.
Écran, optique et suivi : des choix techniques assumés
Côté affichage, le Crystal Pro embarque deux dalles QLED en 2880 x 2880 par œil, jusqu’à 120 Hz, avec un rétroéclairage Mini‑LED offrant 576 zones de gradation locales par œil et un pic de 200 nits. Un choix qui tranche avec le Micro‑OLED adopté ailleurs dans la gamme Pimax (Dream Air, Crystal Super), mais qui permet ici de viser une image lumineuse et contrastée sans faire exploser davantage la facture.
Sur le plan optique, Pimax opte pour des lentilles en verre asphériques plutôt que des « pancake » plus compactes. Un pari qui impose un volume frontal plus important, mais que la marque juge mieux adapté au suivi oculaire, pièce maîtresse de son streaming fovéal.
Le tracking est confié au SLAM 2.0 en inside‑out, combinant quatre caméras, un capteur de mouvement et des illuminateurs infrarouges pour améliorer le suivi en basse luminosité. Lors d’essais récents du Dream Air, l’auteur à l’origine de ces informations notait des limites en inside‑out et des contrôleurs « halo » parfois instables : Pimax répond ici par une révision matérielle ambitieuse qui vise le niveau de référence du Steam Frame.
Contrôleurs sans anneau et modules : l’ombre portée du Steam Frame
Les nouveaux contrôleurs abandonnent les anneaux. Ils intègrent des doubles gâchettes de chaque côté, des sticks TMR, une détection de prise en main et l’ensemble des boutons de face attendus. Comme chez Valve, l’idée est de pouvoir agréger, en termes d’entrées, l’équivalent d’une manette traditionnelle.
Pimax pousse le concept avec un module central qui vient s’insérer entre les deux pads pour les transformer en véritable manette. Une idée futée sur le papier, même si l’auteur de la présentation doute d’en faire un usage régulier. Là encore, l’inspiration Valve est assumée jusqu’aux options audio : des écouteurs supra‑auriculaires optionnels « à la Index » sont de la partie.
Faceplates interchangeables, passthrough couleur et Lighthouse en option
Le Crystal Pro adopte un système de faceplates amovibles. Certaines ajoutent un passthrough couleur et du LiDAR, d’autres activent la compatibilité Lighthouse pour un suivi outside‑in. Cette modularité place le casque sur un terrain très proche de celui du Steam Frame, avec la possibilité d’adapter le suivi et la perception de l’environnement selon les usages et les salons.
Prix salé et calendrier flou
Le ticket d’entrée place clairement le Crystal Pro dans le haut du panier. Comptez 1 399 $ pour le modèle de base et 1 899 $ avec le kit AirLink 60G, ce dernier étant facturé 599 $ à l’unité. À ce stade, aucune date de disponibilité n’est annoncée. Un positionnement tarifaire qui rend le Steam Frame « abordable » en comparaison, note ironiquement l’auteur.
Pimax Spation : un PC de jeu « très long », clin d’œil aux Steam Machines
En marge du casque, Pimax dévoile aussi le Spation, un PC de jeu au châssis étiré qui rappelle immanquablement l’esthétique des anciennes Steam Machines. Peu de détails techniques accompagnent cette annonce, si ce n’est sa silhouette distinctive et sa vocation à compléter l’écosystème VR maison.
Une stratégie miroir de Valve, avec la surenchère pour signature
Au fil des annonces, un motif se dessine : Pimax adopte les grandes tendances initiées par Valve – sans fil, streaming fovéal, contrôleurs sans anneau, audio externe, modules de suivi – et cherche systématiquement à « faire un peu plus ». Plus de bande passante via le 60 GHz, une zone de focalisation transmise au rendu natif, des faceplates multipliant les usages, un module pour transformer les deux contrôleurs en manette complète.
Reste à voir si le suivi inside‑out SLAM 2.0 et l’intégration globale seront au niveau attendu. Si la promesse d’une image sans compression perceptible, d’une latence contenue entre 1,8 et 12 ms et d’un eye‑tracking à 120 Hz se confirme en pratique, Pimax pourrait signer l’une des expériences PC VR sans fil les plus abouties du moment – à condition d’accepter la note et de patienter : aucune fenêtre de sortie n’accompagne pour l’heure ce grand déballage.
