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Illustration éditoriale de GTA 5 : des mods transforment le jeu en parodie de Rick et Morty
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GTA 5 : des mods transforment le jeu en parodie de Rick et Morty

Un journaliste modde GTA 5 avec des ajouts inspirés de Rick and Morty, incluant personnages, armes laser, poké balls générant des trous noirs et une soucoupe volante.

Par Metaleps 5 min de lecture 9 vues
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Transformer Grand Theft Auto 5 en pastiche chaotique de Rick et Morty sans jamais avoir regardé la série ? C’est le pari improbable — et très réussi sur le plan du spectacle — d’un moddeur chronique qui documente chaque jour ses expérimentations sur Los Santos. Entre lasers, poké balls générant des trous noirs et soucoupes volantes capricieuses, son installation pousse GTA 5 dans une zone de turbulence totale où l’absurde devient la règle.

Un Los Santos à la sauce multivers

L’auteur explique n’avoir « jamais vu un épisode de Rick et Morty ». Sa connaissance se réduit à l’image d’un scientifique, d’un adolescent, à un morceau de Blonde Redhead entendu dans la série, et à la réputation de déclencher des réactions excessives — jusqu’aux histoires de sauce Szechuan. C’est depuis ce point de départ lacunaire qu’il s’est mis en tête de « répliquer parfaitement » la série dans GTA 5, en cumulant une poignée de mods : un pack « Rick, Two Crows, and Morty » pour incarner les personnages, des armes transformées en canons lasers et anneaux lumineux, une voiture devenue soucoupe volante, et même des poké balls capables d’ouvrir des trous noirs.

Sur une pression de touche, Trevor prend les traits de Rick (ou de Morty), blouse blanche et t-shirt sale à l’appui. À ses pieds, Los Santos ne ressemble plus à une métropole mais à un univers en effondrement perpétuel : catastrophes naturelles, cellules d’extérieur qui disparaissent, voitures en apesanteur. Le jeu « trouve son rythme sans moi », résume-t-il, tandis qu’un autre mod l’informe sèchement que « le peuple américain a été anéanti ». La partition de cette version parodique ne se joue plus seulement avec des skins et des véhicules : c’est tout l’écosystème de la ville qui se dérègle pour coller à l’imprévisibilité cartoonesque de Rick et Morty.

Armes absurdes et soucoupe capricieuse

Au cœur de cette comédie noire, les gadgets règnent. Les poké balls ne servent pas à capturer des créatures mais à faire imploser des zones entières via des singularités. L’auteur précise qu’il existe aussi des poké balls « qui sont des poké balls », quelque part dans l’installation, mais celles qu’il utilise surtout transforment les bars en pièges gravitationnels. Les armes lasers et anneaux lumineux complètent un arsenal qui détonne avec la panoplie classique de GTA, ajoutant au chaos une touche de sci-fi clinquante.

Seul bémol assumé : la soucoupe volante façon Rick/Morty refuse obstinément de se piloter correctement. L’engin peut monter et descendre, parfois pivoter, mais jamais voler avec la docilité attendue. Qu’à cela ne tienne : un téléporteur l’envoie boire un verre dans le nord rural de San Andreas, preuve que la logique de cette installation relève davantage du gag cosmique que du tuning millimétré.

Cartographie d’un chaos émergent

La force du récit tient moins à la précision des mods qu’à l’alchimie involontaire de leurs interactions. Devant un troquet, une tornade engloutit « un bataillon de furries » pendant que le garde du corps du joueur, irrésistiblement aspiré par le trou noir qu’il a lui-même largué derrière le comptoir, reste plaqué au mur en hurlant. L’image dit tout : en combinant systèmes météo catastrophiques, IA d’alliés et armes antinaturelles, on obtient une simulation qui s’emballe, de ces moments où GTA 5 semble « se dérouler sans vous ».

Le texte n’essaie pas de convaincre que cette conversion est fidèle à Rick et Morty — l’auteur n’a pas le référentiel nécessaire — mais il montre comment, par l’accumulation et le télescopage des mods, Los Santos devient un théâtre de l’absurde proche de l’esprit de la série : une science nonchalante, des conséquences cosmiques et une indifférence générale du monde aux catastrophes qu’on y déclenche.

Un feuilleton de la bidouille

Ce coup d’éclat s’inscrit dans une chronique plus large : le moddeur s’est donné pour mission de transformer GTA 5 en « version PC de GTA 6 » ou de le casser « entièrement », à raison d’une expérience par jour. L’article renvoie même à ses précédentes lubies, promettant de nouvelles horreurs pour « le bébé de Rockstar » dès demain. Cette approche feuilletonesque, moitié bricolage, moitié performance, vaut autant pour le résultat visuel que pour la mise en scène d’un Los Santos où chaque système est un dé à lancer.

Portrait en filigrane

Derrière ce chantier sans fin, on aperçoit un joueur-écrivain dont l’initiation vidéoludique a débuté trop tôt avec Quake 2 et dont la plume a déjà été publiée dans Vice, Fanbyte ou le Financial Times. On y lit aussi ses obsessions — CRPG, immersive sims, projets plus ambitieux que leur budget — et une défense amusée de Deus Ex: Invisible War, qu’il juge trop sévèrement traité par le public. Ce contexte colore son entreprise : on comprend pourquoi il recherche, dans GTA 5 moddé, non une reproduction docile d’une autre œuvre, mais une friction, un débordement, une façon de pousser un bac à sable à avaler des idées plus grandes que lui.

Pourquoi ça marche

En l’absence de canon strict, le « parfait replica » de Rick et Morty revendiqué ici est celui du ton : la collision de technologies délirantes, de menaces cosmiques et d’un monde qui continue, imperturbable, à tourner de travers. Le moddeur ne prouve pas qu’il sait piloter une soucoupe ; il montre que Los Santos peut devenir le décor d’un gag interdimensionnel permanent. Et dans la logique de l’anti-œuvre qu’est parfois le modding, c’est peut-être la meilleure adaptation possible.

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Écrit par

Metaleps

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