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Nintendo vient d’obtenir un jugement par défaut retentissant dans son affaire l’opposant au modérateur Reddit James « Archbox » Williams, accusé d’avoir commercialisé de « vastes bibliothèques de jeux Nintendo Switch piratés ». Deux ans après le dépôt de plainte, la justice américaine a tranché : Williams est condamné à verser 4,5 millions de dollars de dommages et intérêts à Nintendo of America (NOA) et se voit frappé d’une injonction permanente. Le tribunal ordonne également la fermeture immédiate de tous ses « shops » en ligne et comptes associés.
Un jugement par défaut après des mois de silence
Le dossier a basculé lorsque Williams n’a ni plaidé ni présenté de défense dans les délais fixés par la procédure fédérale. Dès novembre 2024, l’affaire était officiellement « entrée en défaut », ouvrant la voie à un jugement sans audience et, le plus souvent, à l’octroi du montant intégral demandé par le plaignant. Dans un document daté du 23 septembre 2026, le tribunal de district confirme désormais la demande de NOA : « La Cour ACCORDE la requête de NOA pour un jugement par défaut et une injonction permanente […]. Le jugement par défaut est rendu en faveur de NOA et à l’encontre de Williams ».
Ce statu quo procédural ne s’est pas produit du jour au lendemain. Selon les pièces du dossier, Williams avait répondu à une lettre de mise en demeure de Nintendo en mars 2024 en affirmant qu’il « coopérerait » autant que possible, tout en niant toute atteinte à la propriété intellectuelle de l’entreprise. Par la suite, NOA a fait signifier les actes de procédure à plusieurs adresses (dont une désignée dans les documents comme la « Surprise Address »), sans réponse valable de la part du principal intéressé. Un avocat se disant mandaté par Williams a bien contacté Nintendo en janvier 2025 pour reconnaître que la firme pourrait obtenir des pièces en vue du jugement par défaut, mais aucun échange substantiel n’a suivi.
4,5 millions de dollars et une injonction permanente
Le tribunal juge « approprié » le montant de 4,5 millions de dollars pour violation du droit d’auteur, une somme que Nintendo réclamait depuis l’automne 2025. À cette sanction financière s’ajoute une injonction permanente interdisant toute récidive : Williams doit désactiver sans délai l’accès à tous les magasins en ligne qu’il opère ou contrôle et fermer l’ensemble des comptes et plateformes sociaux liés aux bibliothèques de jeux piratés. Le jugement souligne la nature étendue des activités reprochées, NOA affirmant que l’intéressé a distribué, ou facilité la distribution, de milliers voire de centaines de milliers de copies non autorisées de jeux Switch.
Reste une inconnue de taille : comment la condamnation sera-t-elle exécutée si Williams demeure injoignable ? Les documents judiciaires laissent entendre que l’intéressé est resté largement hors de portée depuis le début de l’affaire, et l’on ignore comment ou quand Nintendo pourrait récupérer la somme. D’un point de vue légal, toutefois, l’affaire est désormais bouclée.
r/SwitchPirates dans le viseur de NOA
Williams, présenté comme modérateur principal du subreddit r/SwitchPirates, était accusé par Nintendo d’organiser l’accès à des « pirate shops » proposant d’énormes catalogues de titres Switch. Les documents rappellent qu’il s’est lui-même qualifié de « pirate » et qu’il avait publiquement déclaré ne pas vouloir « donner 50 dollars à Nintendo pour un jeu ». C’est ce faisceau d’indices, couplé aux éléments rassemblés par NOA, qui a nourri la plainte initiale déposée en 2024.
Pour Nintendo, l’enjeu dépasse largement ce seul dossier. La société explique investir des ressources importantes pour lutter contre le piratage, du développement et de la mise à jour de ses mesures techniques de protection (TPM) jusqu’au suivi d’enquêtes et de signalements. Dans ses écritures, NOA affirme continuer de subir un préjudice direct et continu du fait des activités imputées à Williams.
Une victoire de plus dans la croisade antipiratage de Nintendo
Ce jugement s’inscrit dans une série d’actions juridiques entreprises par Nintendo pour tarir l’écosystème de la contrefaçon autour de la Switch. À l’été 2024, la firme avait multiplié les dépôts de plainte, dont une contre le vendeur de modchips Modded Hardware. Cette dernière suit son cours, l’exploitant présumé du magasin, Ryan Daly, s’étant présenté sans avocat. L’issue obtenue contre Williams ajoute une ligne importante au tableau de chasse légal de NOA et envoie un message clair : l’entreprise est déterminée à faire de la voie judiciaire un instrument central de sa stratégie de dissuasion.
Et maintenant ?
Sur le plan procédural, un jugement par défaut peut théoriquement être écarté si le défendeur parvient à démontrer qu’il a répondu dans les temps ou qu’il dispose d’une défense solide. En l’état, rien n’indique que ce scénario soit à l’ordre du jour. À défaut d’un tel rebondissement, l’injonction et la condamnation de 4,5 millions de dollars constituent le point final de ce feuilleton entamé il y a deux ans, avec un effet immédiat sur les plateformes et « shops » contrôlés par Williams. Reste à voir si, au-delà de ce cas emblématique, la pression judiciaire de Nintendo freine durablement les circuits de distribution de ROMs Switch.
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