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Dix-sept ans après sa fable mécanique sans un mot, Amanita Design remet Machinarium sur l’établi. Le studio tchèque a officialisé Machinarium 2, une suite directe imaginée, selon son CEO et directeur créatif Jakub Dvorský, parce que « nous ne rajeunissons pas et le monde semble s’effondrer ». Un aveu à la fois sombre et limpide sur le timing, qui s’accompagne d’un autre retour majeur : celui du compositeur Tomáš Dvořák, alias Floex, artisan de l’identité sonore inoubliable du premier épisode.
Une suite qui reprend là où l’aventure s’était arrêtée
Machinarium 2 reprend immédiatement après la fin du jeu de 2009. Josef et Berta, désormais réunis, s’écrasent dans une vallée cachée où cohabitent deux tribus de robots : l’une recluse au monastère d’Elektrona, l’autre installée dans la cité d’Oilton. Toutes deux font face au même compte à rebours mortel : l’énergie s’épuise peu à peu. Ce cadre resserré promet une tension douce-amère fidèle à l’esprit Amanita, ce mélange de poésie rouillée et d’angoisse existentielle masquée derrière des boulons cabossés.
Point’n click, deux personnages et une coopération à inventer
Le studio ne renie rien de la grammaire qui a façonné Machinarium : on reste sur une aventure point’n click, portée par l’observation minutieuse, les énigmes à la logique patinée et la narration environnementale. La vraie nouveauté vient de la complémentarité entre Josef et Berta : les deux personnages seront jouables et interchangeables à volonté, et devront conjuguer leurs aptitudes pour progresser. Une façon d’ouvrir le canevas puzzle sans le dénaturer, tout en donnant plus d’espace au duo qui avait conquis le public il y a près de deux décennies.
Retour d’un style visuel iconique, affûté mais intact
Graphiquement, Machinarium 2 affiche ce trait manuel si reconnaissable : tuyauteries, tôles brunies, mécaniques rafistolées et silhouettes graciles de robots. Le rendu paraît plus net que dans le souvenir du premier jeu, sans trahir l’esthétique d’atelier qui a fait la réputation d’Amanita. Ce « sharpening » discret s’annonce comme une mise au point plus qu’un lifting, l’objectif étant de retrouver l’enchantement visuel originel plutôt que de le refondre.
Floex, l’oreille de Machinarium, signe une bande-son plus mélodique
Élément central de l’alchimie Amanita, la musique revient sous la plume de Tomáš Dvořák (Floex). Le compositeur confie ne pas envisager le projet comme une « suite » au sens strict, mais comme un terrain fertile pour un langage musical spécifique inspiré par les images. Il dit viser une bande originale « plus mélodique et musicale », avec un cap posé sur la simplicité — un paradoxe créatif, tant les textures organiques naissent souvent de superpositions complexes. Le doute (« sera-ce aussi engageant que l’original ? ») affleure, mais il s’applique à s’en détacher pour retrouver l’état d’esprit qui avait guidé le premier album : s’amuser en créant. Avec, en filigrane, une maturation assumée : « la nouvelle musique est plus mûre, tout simplement parce que j’ai vieilli ».
Pourquoi maintenant ? Une intuition plus qu’un plan
Interrogé sur le déclic, Jakub Dvorský assume une décision d’instinct plus que de stratégie. Il décrit la sensation d’un « monde des robots qui frappait à la porte », demandant à ressurgir, jusqu’à l’enthousiasme. Le propos le plus frontal reste cette phrase au goût d’urgence : « si nous devions faire Machinarium 2, c’est maintenant ». Une façon de reconnaître le poids du temps qui passe — pour les créateurs comme pour leur public — et d’entériner le statut particulier de Machinarium dans la trajectoire d’Amanita, premier long jeu du studio et mètre étalon discret de ses productions suivantes.
Un héritage lourd, une attente longuement entretenue
En dix-sept ans, Amanita a jalonné l’indé d’expériences singulières (Botanicula, Chuchel, Creaks, Phonopolis), sans jamais remettre le pied dans la ville de ferraille de Josef. Cette abstinence a entretenu un léger fantôme autour de chaque sortie : et si c’était Machinarium, encore ? La décision de revenir est donc plus qu’un clin d’œil nostalgique : c’est l’acceptation d’un mythe maison et la promesse de le revisiter sans cynisme, avec l’équipe fondatrice aux manettes visuelles et sonores.
Et maintenant ? Liste de vœux ouverte, calendrier fermé
Machinarium 2 n’a pas encore de date de sortie. Le jeu peut toutefois être ajouté à sa liste de souhaits sur Steam et GOG. En attendant, Amanita propose ses précédents titres — dont l’original Machinarium — à prix réduits pour une durée limitée, de quoi replonger dans l’univers du studio et mesurer le chemin parcouru avant le grand retour de Josef et Berta.
« Nous sommes aussi reconnaissants envers chaque joueuse et chaque joueur qui a attendu patiemment toutes ces années. Nous n’aurions pas pu le faire sans eux », souligne Jakub Dvorský.
Les informations essentielles
- Genre
- point-and-click
- Développeur
- Amanita Design
