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Illustration éditoriale de Steam : les expéditions mondiales de PC chutent de 20,1% en 2026
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Steam : les expéditions mondiales de PC chutent de 20,1% en 2026

Selon IDC, les expéditions de PC sont passées de 78,5 à 62,7 millions au T3 2026, une baisse de 20,1% liée à la crise mémoire et à la chaîne d’approvisionnement.

Par Metaleps 5 min de lecture 14 vues
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La saison n’a pas tenu ses promesses pour le PC. Selon les derniers chiffres d’IDC, les expéditions mondiales ont chuté de 20,1% au troisième trimestre 2026, passant de 78,5 millions d’unités un an plus tôt à 62,7 millions. Une dégringolade qui, sans surprendre l’industrie, clarifie l’ampleur d’un marché bousculé par la crise de la mémoire et des chaînes d’approvisionnement, dopée par la frénésie autour des serveurs d’IA.

Un trimestre « dé-saisonnalisé » par un effet d’aspiration du stock

Derrière la statistique, IDC décrit un mécanisme précis. Anticipant des hausses tarifaires, de nombreux vendeurs ont « tiré » des volumes vers le premier semestre 2026, en achetant massivement plus tôt dans l’année. Résultat : des expéditions artificiellement musclées en H1 et un Q3 « affamé » en demande. La conséquence est un schéma saisonnier brisé : traditionnellement plus fort que le deuxième trimestre, le troisième s’est retrouvé en retrait.

Ce transfert de volume n’explique pas tout. IDC pointe la crise d’approvisionnement en mémoire, aggravée par la priorité donnée aux serveurs d’IA, qui siphonne composants et capacités logistiques. Dans ce contexte, les constructeurs font face à une équation simple mais brutale : coûts en hausse, stocks plus lourds que prévu, clients refroidis par des prix élevés.

Des prix en tension, des promos possibles mais sans miracle

La chaîne de distribution redoute désormais d’entrer dans les prochains trimestres avec un inventaire trop garni et un appétit des acheteurs émoussé par les tarifs. Jitesh Ubrani, directeur de recherche chez IDC, résume l’espoir et sa limite : des promotions pourraient offrir un court répit aux consommateurs, mais les prix ne reviendront pas « à ce qu’ils étaient il y a un an ». L’analyste prévient que les conditions macroéconomiques se dégradent, faisant peser un risque supplémentaire sur la demande jusqu’à la fin de 2026 et potentiellement en 2027.

En clair : attendez-vous à voir quelques rabais ici ou là, mais pas de retour aux étiquettes d’avant-crise. IDC insiste : même avec des opérations commerciales, les prix devraient rester nettement au-dessus des niveaux de l’an dernier.

Les géants tremblent, mais l’ordre du podium tient

La douleur n’a pas été uniformément répartie. Lenovo, HP et Dell reculent plus vite que le marché et laissent filer 4,2 points de parts de marché cumulées, avec HP comme principal perdant, glissant de 19,1% à 16,5%. L’ordre des grands, lui, ne bouge pas : Lenovo conserve la tête, devant HP et Dell.

Apple reste en quatrième position, malgré une baisse de croissance de 11,3%, tandis qu’Asus ferme le top 5 avec un repli de 8,6%. Si le leadership n’est pas remis en cause à court terme, le rétrécissement de la demande et la pression sur les coûts dessinent un paysage où chaque point de part de marché coûte plus cher à défendre.

Pourquoi cette baisse intéresse aussi les joueurs PC

Pour le public jeu vidéo, l’enjeu est double. À court terme, la perspective de promotions pourrait rendre plus accessible l’achat d’un PC de jeu ou d’un upgrade stratégique — surtout pour ceux qui guettent un changement de carte graphique ou un passage à plus de RAM. Mais l’arrière-plan demeure défavorable : la tension sur la mémoire et les composants, alimentée par l’IA, entretient des prix élevés qui limitent l’ampleur des bonnes affaires.

Plus largement, un Q3 en net repli casse le tempo habituel des lancements de fin d’année, période où les constructeurs capitalisent traditionnellement sur la rentrée et les fêtes. Avec des stocks sous pression et des marges à défendre, les configurations « bien positionnées » risquent d’être moins nombreuses, tandis que les machines haut de gamme pourraient rester chères, même en période promotionnelle.

Un horizon qui peut encore s’assombrir

IDC ne masque pas son pessimisme de court terme : au-delà des facteurs sectoriels, c’est la conjoncture globale qui menace. Si l’arrière-plan économique se détériore, la demande pourrait reculer davantage, prolongeant la traversée du désert jusque dans les premiers mois de 2027. Les signaux venus des fabricants de mémoire — dont certains dirigeants martèlent depuis des semaines que la tension va durer — vont dans le même sens : la priorité donnée aux datacenters IA capte l’investissement, ralentissant le retour à la normale côté PC grand public.

En attendant, l’industrie tente de garder le cap : écouler le stock sans casser les prix au point d’éroder les marges, préserver les positions au classement, et ménager des fenêtres de promo suffisamment attractives pour relancer la demande sans créer un effet « yo-yo » sur les trimestres suivants.

La ligne de flottaison, c’est le prix

Au bout du compte, tout ramène aux étiquettes. Le marché a besoin d’air, les canaux de vente veulent dégonfler l’inventaire, et les utilisateurs hésitent à s’équiper quand chaque composant coûte plus cher qu’en 2025. Si promotions il y a, elles seront le test grandeur nature : capables de ranimer l’intérêt, mais insuffisantes, prévient IDC, pour ramener les PC au niveau de prix « d’avant ». Les prochains trimestres diront si ce dosage permet de stabiliser la demande — ou s’il faudra encaisser un nouveau creux avant un éventuel rebond.

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