Et si on achetait sa souris gaming comme on achète des pâtes au supermarché, en regardant le prix au kilo ? C’est l’exercice mi-sérieux mi-taquin tenté par PC Gamer, après avoir remarqué sur Amazon un « ratio prix/once » pour la Turtle Beach Burst II Air. De fil en aiguille, le journaliste James a monté une véritable « étude » maison mêlant coût au gramme et qualité constatée en test. Résultat : une hiérarchie inattendue où brille… une souris ultrabudget, et où la favorite personnelle de l’auteur finit dauphine.
Du « prix au gramme » à un barème maison
Tout est parti d’un constat saugrenu : Amazon affiche parfois un prix rapporté au poids pour des périphériques. Appliqué aux souris, ce thermomètre favorise mécaniquement les modèles lourds et pas chers, au détriment des ultralight vendues plus cher. Pour éviter l’absurde, James a imaginé un score hybride en deux temps. D’abord, un ratio « grammes par dollar » calculé à partir du poids (le plus bas relevé quand il existe de légères variations, comme entre les coloris de la SteelSeries Rival Pro) et du prix public conseillé. Toutes les souris testées par PC Gamer ont été positionnées sur une échelle où la meilleure en coût/poids prend 100 % et la pire 0 %.
Ensuite, ce score est croisé avec la note de test attribuée par la rédaction, afin de réinjecter une notion de qualité réelle. La moyenne des deux composantes donne ce que l’auteur baptise — non sans humour — le « PC Gamer price-to-weight-to-value-to-quality score », alias « le James score ». Un bricolage assumé, limité aux modèles effectivement passés au banc d’essai de la rédaction, mais suffisant pour dégager des tendances.
Glorious Model O Eternal en tête, la 8BitDo Retro R8 juste derrière
À la surprise relative de James, c’est la Glorious Model O Eternal qui décroche la première place. Un timing amusant, note-t-il, puisque cette même souris venait d’être recommandée comme bon plan budget dans un autre papier. Elle conjugue un excellent coût au gramme à une appréciation solide en test, la plaçant tout en haut de la grille.
La 8BitDo Retro R8 s’empare de la deuxième marche. Coïncidence encore, c’est la souris que l’auteur utilise au quotidien sur son propre bureau. La médaille de bronze est partagée par deux modèles Mchose, qui confirment la bonne forme de marques émergentes sur le segment “beau rapport prix/perf” — une conclusion qui cadre bien avec le principe même de ce classement.
Ultralight vs. bons plans costauds : la guerre des philosophies
Le contexte, James le rappelle : le marché a basculé depuis des années vers la course à la légèreté, où certains joueurs paient une prime conséquente pour grapiller quelques grammes. Dans ce paysage, un « prix au gramme » venu de l’épicerie semble presque caricatural. Pourtant, une fois tempéré par la note de test, l’indicateur met en avant des souris abordables et bien construites — un résultat que l’auteur juge finalement très sain pour la majorité des utilisateurs.
On retrouve dans le tableau des références très variées, de la Razer Viper V4 Pro (qualifiée par PC Gamer de « meilleure sans-fil ») à des propositions plus exotiques comme la Pulsar X3 Crazylight Mini ou des modèles Mchose très agressifs sur le prix. La SteelSeries Rival Pro s’inscrit dans le haut de gamme léger mais se fait logiquement pénaliser au ratio, tandis que des souris plus lourdes tirent profit du coût/poids sans forcément convertir si la note de test ne suit pas.
Une méthode volontairement bancale… mais révélatrice
James assume le côté « sur-ingénierie pour la science » de son barème. Le calcul passe par une normalisation minutieuse du ratio prix/poids (différence entre les extrêmes divisée en centiles) avant de l’agréger à la note de test. Il insiste aussi sur les limites de l’exercice : seules les souris effectivement testées peuvent entrer dans l’échantillon, et le « prix au gramme » reste un proxy simpliste, presque provocateur, pour un périphérique où l’ergonomie, la forme, le capteur, les switches ou la connectivité pèsent au moins autant que le poids pur.
Mais l’expérience raconte quelque chose d’intéressant sur l’état du marché : si l’ultralight reste une niche désirée et souvent chère, le gros du public trouvera un meilleur équilibre performance/prix dans des modèles bien finis mais moins obsédés par la chasse au gramme. Et sur ce terrain, la Model O Eternal et la Retro R8 s’imposent en valeur sûre.
Les « meilleurs » par usage selon PC Gamer
En marge de cette gymnastique statistique, PC Gamer maintient des recommandations par usage, qui offrent un contrepoint plus classique au James score :
- Meilleure sans-fil : Razer Viper V4 Pro
- Meilleure filaire : Logitech G502 X
- Meilleure budget sans-fil : Mchose G3 V2 Pro
- Meilleure budget filaire : Glorious Model O Eternal
- Meilleure compétitive : Logitech G Pro X2 Superstrike
- Meilleure légère : Corsair Sabre V2 Pro
- Meilleure MMO : Corsair Scimitar Elite Wireless SE
- Meilleure petite : Razer Cobra HyperSpeed
- Meilleure ambidextre : Logitech G Pro
- Meilleure ergonomique : Keychron M5
- Meilleure personnalisable : Orbital Pathfinder
Au-delà du clin d’œil à Jeff Bezos
En filigrane, l’article se lit comme une réponse moqueuse à l’étiquetage d’Amazon. James souligne que si le « prix au gramme » a peu de valeur absolue pour juger une souris, il prend du sens une fois mixé à une évaluation qualitative. Et sa conclusion est sans détour : pour la plupart des joueurs, des modèles « solides et malins » sur le rapport qualité/prix demeurent les meilleurs achats. Un pied de nez aux fiches produits trop malignes, et un rappel que les classements amusants peuvent, eux aussi, pointer juste.
