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Quand l’exploration martienne croise le jeu vidéo: Airbus a présenté un prototype de rover ExoMars piloté, en démonstration, à l’aide d’un Steam Deck. La scène, filmée par le documentariste Tom Scott sur le site de Stevenage au Royaume-Uni, illustre une idée simple et efficace: pour concevoir une interface de téléopération intuitive, inutile de repartir de zéro, un PC portable de jeu fait très bien l’affaire.
Le plus savoureux? Le contrôle ne se limite pas au joystick pour avancer. Une pression sur une « gâchette » déclenche la rotation des roues à 90 degrés, ce qui permet d’esquiver les manœuvres en épingle et limite les risques de se bloquer contre un rocher. Un geste de gamer transposé à un défi d’ingénierie spatiale.
Un Steam Deck comme manche à balai martien
Dans la courte vidéo partagée par Tom Scott, on voit l’ExoMars évoluer sur un terrain d’essai pendant que l’opérateur tient un Steam Deck modifié. Difficile de confirmer s’il s’agit du modèle LCD ou OLED, mais l’appareil ressemble au format standard. À l’écran, un logiciel maison semble piloter la navigation et traduire les commandes des sticks et boutons en instructions pour le rover. Le résultat: une prise en main familière, pensée pour limiter les frictions entre l’humain et la machine.
Ce choix d’une console-PC portable témoigne d’un pragmatisme rare dans l’aérospatial: tirer parti d’un matériel grand public, robuste et versatile, plutôt que de développer un contrôleur sur mesure dès la phase de test. Au-delà de l’anecdote, c’est une manière de capitaliser sur des décennies d’ergonomie vidéoludique – sticks analogiques, gâchettes, disposition des boutons – afin de rendre l’apprentissage plus rapide pour les équipes et de multiplier les itérations sur le terrain.
Virages à 90 degrés: la manœuvre qui change tout
La démonstration montre le rover avancer, puis, via une pression sur l’un des « bumpers », aligner ses roues perpendiculairement pour glisser latéralement. Cette capacité, qui évite un rayon de braquage large, n’est pas qu’un détail de conduite: dans un environnement constellé d’obstacles et d’irrégularités, chaque rotation superflue augmente le risque d’ensablement ou de heurter un relief. La commande instantanée et lisible via une simple gâchette réduit ces risques tout en rendant le pilotage plus expressif.
Un outil de test pour une ambition autonome
Airbus rappelle que, si l’ExoMars s’entraîne aujourd’hui sous la houlette d’un Steam Deck, il n’en sera pas dépendant lorsqu’il foulera la surface martienne. Les équipes de Stevenage développent des systèmes de navigation autonome capables d’analyser et négocier le terrain sans intervention en temps réel – une nécessité compte tenu des délais de communication entre la Terre et Mars. L’interface portée par le Steam Deck s’inscrit donc comme un jalon pratique pour affiner la conduite et valider des comportements avant d’intégrer l’autonomie complète.
Rosalind Franklin, l’aboutissement de deux décennies
Objectif final: envoyer le rover Rosalind Franklin sur Mars en 2030. Selon Kata Escott, directrice générale d’Airbus Defence and Space au Royaume-Uni, ce jalon représente « l’aboutissement de plus de 20 ans de travail » (déclaration rapportée par Tom’s Hardware). Outre la navigation, Airbus planche sur les systèmes mécaniques, thermiques et de propulsion de la plateforme d’atterrissage. Autrement dit, l’usage d’un Steam Deck n’est qu’une facette d’un programme vaste et complexe, où chaque brique – de l’ergonomie de test à l’ingénierie des sous-systèmes – compte pour la réussite de la mission.
Quand l’ergonomie jeu vidéo rencontre l’ingénierie spatiale
Voir un matériel signé Valve servir de volant pour un rover martien en préparation a quelque chose de réjouissant. Cela rappelle à quel point le jeu vidéo a affiné des langages d’interaction universels, immédiatement exploitables dans des domaines critiques. Les sticks, gâchettes et boutons ne se contentent pas d’être « fun »: ils codifient des actions complexes en gestes simples, reproductibles, et donc testables à grande échelle. Une qualité précieuse quand il s’agit de réduire l’incertitude avant le grand départ vers la planète rouge.
Il n’y aura pas de coin gaming sur la plateforme d’atterrissage – Airbus prévient que le rover n’aura pas besoin d’une télécommande Steam Deck une fois sur Mars. Mais le fait qu’un appareil pensé pour Hades, Elden Ring ou Vampire Survivors serve de passerelle entre l’humain et un robot interplanétaire dit quelque chose de notre époque: les frontières entre culture ludique et haute technologie s’effacent, et les manettes d’aujourd’hui forment, littéralement, les mains qui guideront l’exploration de demain.
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