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Le démontage du Steam Frame a donné des sueurs froides à plus d’un testeur, mais il aura surtout servi à mettre en lumière un point clé du nouveau casque VR de Valve : sa réparabilité. Tandis qu’un journaliste peinait à aller au-delà du capotage initial sans risquer la casse, iFixit a publié un démontage complet et méthodique qui révèle une architecture pensée pour le service et l’entretien, un défi rarement relevé avec autant de soin sur un casque autonome.
Un démontage hésitant, puis la méthode iFixit
La première tentative, fébrile, s’arrête vite : vis replacées en urgence, peur de forcer sur des nappes et des connecteurs critiques. iFixit, de son côté, n’a pas tremblé. Sous la façade magnétique, trois loquets libèrent le « core module » — le bloc qui concentre SoC, optiques, RAM, stockage et capteurs — du bandeau. Six vis Torx plus tard, le carter plastique se retire et expose l’essentiel du casque.
Les optiques (écran et lentilles) sont fixées magnétiquement sur un rail supérieur : un retrait aisé en théorie, mais une étape intimidante en pratique, car les connecteurs à pression au dos sont collés. Là où la prudence a bloqué un premier démontage, iFixit fait levier sans hésiter, et gagne d’un coup en accessibilité : une fois les optiques à l’écart, tout le reste devient nettement plus simple à atteindre. L’équipe salue d’ailleurs un design « très bon pour une construction aussi complexe », tout en notant que seul le Bigscreen Beyond ferait mieux sur la dépose du bloc optique.
Chaleur, cartes et caméras : les entrailles bien rangées du Frame
Viennent ensuite la barre métallique supportant les lentilles, puis le capteur de proximité. On tombe alors sur la plaque métallique coiffée d’un caloduc en cuivre, posée sur la carte mère. C’est à ce stade que les choses se compliquent : un premier démontage « amateur » a, par erreur, retiré trop tôt quelques caméras en bord de carte. Même le spécialiste d’iFixit, Shahram Mokhtari, admet un moment de flottement avant d’identifier les trois vis du caloduc comme le dernier verrou retenant la plaque.
Une fois franchie cette étape, le tableau devient limpide. Sous la pâte thermique : un Snapdragon 8 Gen 3 accompagné de 16 Go de LPDDR5X de SK hynix, et au-dessus un NAND SK hynix de 256 Go. Tout autour, une profusion de nappes et de connecteurs, globalement faciles à débrancher à la pince ou au spudger — « un peu trop pour une réparation utilisateur » précise toutefois Mokhtari, qui replace cette complexité dans son contexte : rares sont les interventions nécessitant de déshabiller le casque à ce point. Selon lui, Valve a « superposé les composants critiques avec le souci de la réparabilité utilisateur ».
Le revers de la carte : refroidissement costaud et balisage IR
Lorsque la carte mère est extraite et retournée, iFixit découvre un ventilateur, un caloduc plus imposant et une densité électronique maximale. On repère six émetteurs infrarouges (trois de chaque côté) sur cette face, au cœur du système de suivi. S’il y a un bémol, il est pour le ventilateur : pièce active par excellence, susceptible de ralentir ou de tomber en panne, et qui mériterait un accès plus direct pour un remplacement express.
Des contrôleurs saturés d’IR et un tracking convaincant
iFixit jette aussi un œil aux contrôleurs. Leur particularité : une multitude d’émetteurs IR eux aussi, « vraiment beaucoup » selon l’analyse, ce qui éclaire le ressenti de tests terrain évoquant un suivi très précis et stable. Le maillage IR combiné du casque et des contrôleurs semble constituer l’épine dorsale de la performance de tracking du Frame.
Batterie remplaçable et accessoires à venir
Bonne nouvelle côté endurance : la batterie se remplace sans parcours du combattant. Quelques vis, un connecteur à pression et un adhésif plutôt conciliant lors du démontage iFixit. Le design laisse même entrevoir l’arrivée simple de batteries tierces, et Valve planche déjà sur un strap avec batteries interchangeables, signe d’une approche modulaire assumée.
Valve persiste et signe sur la réparabilité
Après le Steam Controller, le Steam Deck et la Steam Machine, le Steam Frame s’inscrit dans la continuité d’une philosophie pro-réparation que l’on ne s’attend pas forcément à retrouver sur un casque VR autonome, où compacité rime souvent avec collages irréparables. Ici, hormis quelques réserves — accès au ventilateur perfectible, connecteurs collés sur les optiques — la structure montre une hiérarchisation des composants qui facilite les interventions réalistes pour l’utilisateur.
À l’heure où la VR cherche encore son équilibre entre puissance, confort et pérennité, cette transparence matérielle et cette ouverture à l’entretien constituent un avantage concret. Et si tout le monde ne se risquera pas au tournevis magnétique, savoir que l’appareil est pensé pour durer et évoluer — batterie d’abord — change la donne. Le démontage d’iFixit n’a pas seulement révélé des vis Torx et un caloduc : il a surtout mis à nu une intention claire de Valve, celle de rendre le haut de gamme VR un peu moins jetable.
