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La vaste « remise à plat » engagée par Xbox pourrait coûter moins d’emplois que prévu. D’après un article de Jez Corden (Windows Central), le groupe devrait finalement rester en deçà des « environ 3 200 » suppressions de postes annoncées pour l’exercice FY27, grâce à une combinaison de restructurations internes et de réaffectations d’équipes. Une lueur d’espoir dans un plan social qui, ces derniers jours encore, a touché plusieurs studios et bousculé l’organigramme de la branche gaming de Microsoft.
Des licenciements en recul, portés par des réorganisations ciblées
Initialement, Microsoft avait indiqué en juillet viser une réduction d’environ 3 200 postes dans sa division jeux vidéo. Selon Corden, les décisions prises lors des précédents volets du plan, combinées à la nouvelle vague d’ajustements, aboutiraient finalement à un total inférieur à ce seuil. Le constructeur chercherait à limiter les départs contraints en réaffectant les employés à d’autres départements et en procédant à des réorganisations structurelles.
Concrètement, plusieurs équipes reportent désormais directement à des entités comme Activision ou Bethesda. Cette manœuvre, qui redistribue les lignes hiérarchiques sans forcément supprimer des postes, s’ajoute à un autre levier évoqué par Windows Central : les « désinvestissements ».
Le levier des désinvestissements : des studios retrouvent leur indépendance
Parmi les mesures phares, Double Fine et Compulsion sont redevenus des studios indépendants. Dans la foulée, Double Fine a lancé un Kickstarter pour financer son prochain jeu, signe d’un retour à un modèle plus agile et communautaire. Autre mouvement majeur : Undead Labs (State of Decay) change de crèmerie. Le studio migre vers un nouvel éditeur, dont l’identité n’a toutefois pas encore été révélée.
Ces désengagements participent à réduire mécaniquement le volume de postes directement comptabilisés dans la division Xbox, tout en offrant aux équipes concernées une trajectoire autonome. Reste qu’ils posent aussi des questions sur le périmètre futur de l’écosystème first-party de Microsoft et la cohérence créative à long terme, des interrogations qui, pour l’heure, demeurent ouvertes.
Arkane en suspens, Ninja Theory dans la tourmente
Si la stratégie semble atténuer l’ampleur des licenciements, tout ne se déroule pas sans heurts. Matt Booty a indiqué cette semaine que des accords envisagés avec Ninja Theory (Hellblade) n’avaient pas abouti. Xbox lance désormais une consultation auprès des employés en vue d’une fermeture proposée du studio, un processus qui marque un revers symbolique pour une équipe associée à l’identité créative récente de la marque.
Dans le même temps, les discussions autour de l’avenir d’Arkane se poursuivent. Aucun arbitrage définitif n’a été communiqué, mais le simple fait que l’avenir du studio fasse encore l’objet d’échanges souligne le caractère mouvant et complexe de cette « remise à plat ».
Trois quarts du chemin parcouru, mais le dossier reste ouvert
Selon Matt Booty, Xbox aurait bouclé « environ les trois quarts » de la restructuration annoncée. Autrement dit, la phase actuelle n’est pas la dernière. L’ajustement du nombre total de licenciements à la baisse s’explique en partie par les transferts internes et les réorganisations, mais aussi par ces mouvements de portefeuille qui redessinent l’architecture du groupe, entre studios réintégrés à d’autres labels et entités redevenues indépendantes.
La dynamique révèle une volonté de préserver les talents quand cela est possible, tout en rationalisant une organisation devenue tentaculaire. Pour autant, entre les incertitudes planant sur Arkane et l’issue défavorable autour de Ninja Theory, cette séquence rappelle que l’exercice reste délicat, avec des conséquences humaines et créatives qui dépassent les seuls tableaux de bord financiers.
Ce que cela signifie pour l’écosystème Xbox
À court terme, la baisse attendue du total de licenciements traduit un recentrage qui ne passe pas uniquement par la réduction d’effectifs. À moyen terme, le paysage first-party de Microsoft sortira transformé : certaines équipes relèvent désormais d’Activision ou de Bethesda, d’autres tracent leur route en solo, et quelques dossiers clés, tel celui d’Arkane, demeurent à trancher. La boussole reste la même — rationalisation et clarté opérationnelle — mais le cap implique des compromis, parfois douloureux, sur l’empreinte créative et la diversité des voix au sein de l’écosystème Xbox.
Une chose est sûre : si la firme promet d’en avoir réalisé environ les trois quarts, la « remise à plat » n’a pas encore livré tous ses effets. Les prochaines étapes, entre ultimes arbitrages et atterrissage des réorganisations, diront si le pari d’une réallocation des talents plutôt que d’un couperet massif peut réellement porter ses fruits.
